Ci-git

" Ci-git " est composée d'une série d'œuvres née de la "mort" de "espace-corps".

A la fin de l'exposition, les "peaux" ont été décrochées de la structure métallique et furent conservées à l'horizontale, comme des gisants. Ces peaux "mortes", puisque l'œuvre est démontée, mériteraient un autre sort.

"La chambre funéraire" leur offre alors, paradoxalement, une seconde vie.

Une performance, simulant l'enterrement des peaux, vient clore ce travail.

" La chambre funéraire "
cercueil    cercueil

Cercueil en bois, intérieur recouvert de tissus, une plaque gravée et une peau de peinture : in-carnat, étendue dans ce cercueil.

Le cercueil de " Ci-git, incarnat, 1999-2001 ", est intégré dans cette installation qui pousse  au recueillement et au calme et en est la pièce maîtresse. Il ne s’agit pas ici de mettre en scène l’angoisse, mais le respect et le silence que manifeste l’humain en face de la mort quelle qu’elle  soit. La peau à l’intérieur est un corps bien sûr mais ne renvoie pas forcément au corps humain.  Il s’agit d’une peau de peinture, et cette œuvre est aussi une nouvelle existence offerte à cette  peau.

 
Pour voir l'exposition, cliquer ici
 

Cette installation intègre différentes œuvres qui acquièrent dans ce contexte une nouvelle dimension.  Ces œuvres se répondent et se renforcent les unes les autres. Par ailleurs, les murs noirs participent à la  symbolique funéraire et absorbent le peu de luminosité que je laisse parvenir jusqu’à cet espace.

 
A travers les oeuvres suivantes, je propose de voir cette installation de plus près.
 
  
" Pétales " , diptyque
Acrylique sur bois et encre vitrail sur verre, 2 X 30X30 cm, 1999.
Deux vues différentes en fonction de la lumière.

Ces deux tableaux sont disposés sur une table nappée de noir, derrière eux deux bougies font danser les rouges translucides de la vitre peinte centrale. Ces tableaux deviennent des Icônes dans cette installation et participent à créer cette ambiance particulière de recueillement.

 
"Reliquaire"

Le " Reliquaire " au-dessus du cercueil ajoute à l’aspect sacré que prend ici la mort. Il met l’accent sur la sacralisation qu’effectue l’homme de la mort. Par ailleurs il pose la « peau de peinture » que renferme le flacon, comme un corps sacralisé. Le spectateur est confronté aux différentes étapes de la mort et est mis face à ce que l’homme fait à partir d’elle pour conjurer sa peur et se rassurer en créant l’hypothèse d’une existence supérieure dans la mort qui amène à la sacralisation de mort dans notre vie.

 
        
Reliquaire 2, 3, 4 et 5
Boite, photographie, petits objets
 
" Reliquat "
Bocal, huile et morceau de « peau de peinture »
15 X 15 X 23 cm, 2001
 
icone éteinte    icone allumée
"Icône"
Cadre, verre, film plastique, guirlande électrique, encre vitrail, 20 X 16 cm, 1999.
Guirlande éteinte et allumée.
 
narcisse1    narcisse2
" Le double jeu de Narcisse "
Diptyque, technique mixte sur miroir et bois, 2 X 25,5 X 25,5 cm, 1998.
 

"Ci-git", 2001

Série de photographies. Photographies réalisées par Véronique Kennerson sous la direction de Caroline kennerson.

 

Suite au décrochage des « peaux » de « Espaces-Corps », je les ai gardées « gisantes » dans mon atelier. Trop fragiles pour être ré-accrochées je n’ai pourtant pas voulu les laisser mourir ainsi. J’ai donc décidé de les ré-inscrire dans un autre projet artistique, qui se pose en prolongation de l'oeuvre qui existait jusque là. J’ai organisé un simulacre de cérémonie funéraire au cours de laquelle les « peaux » étaient étendues sur des tombes portant la plaque « ci-git, in-carnat, 1999-2001 ».

1999 étant la date de réalisation des « peaux » (de leur naissance) et 2001 de leur décrochage (de leur première mort). Des photographies ont été prises des « peaux » sur plusieurs tombes avec ou sans figurants.
J’ai mis en scène leur enterrement pour donner un sens à leur décrochage.

 
  
" Flaque de sang "

Technique mixte décollée de son support sur socle blanc,
60 X 60 cm, au sol, 2000.

 

Ce travail est une flaque de par sa forme, son mode de présentation à même le sol, et de par son aspect liquide. Le fluide est donc à l’origine de la flaque et la flaque est le souvenir d’une fluidité. On voit et comprend les coulures, la façon dont les fluides ont cheminé, se sont étalés et répandus. Cette origine liquide est donc restée visible malgré la solidification de la matière.

Cette flaque nous renvoie inevitablement à la fragilité de notre existence.